lundi 21 décembre 2009

Liberté 55

-Ah... J'técoeuré, j'fatigué. J'tau boute du rouleau. Je suis É-COEU-RÉ au pluriel.
-Wouawé. J'comprend.
-Pou vrai, J'pu capable mon homme. Chu ben fatigué de faire ça. J'tau BOUTE du rouleau.
-Wouawé. Moé si. Laver de la vaisselle pis faire dla mope dans graisse de patates frites 40 heures par semaine, j'suis ben tanné. Caliss que j'nai assez faite. Pis.... partir pour partir. Faut au moins que tu saches un peu où tu t'en vas. Si au moins j'pouvais trouver une opportunié, ket'chose..

Deux mandiants qui conversent à la table voisine au second cup, venus se réchauffer les mains glacées.

- Entk, moé j'envie l'gars qui est programmeur d'informatique, tsé là. Tsé le gars qui travaille la dedans, qui aime ça pis qui gagne bien sa vie là. Tsé, si j'avais 20 ans, peut-être que ce serait possible de faire de quoi, mais là... à 54 ans.

- Wouaille, Écoute moé ben! Moé j'veux rien savoir d'me réorienter, j'voudrais juste arrêter. Tsé. Quand t'as même pu l'goût, pu l'goût de rien. Câlisse.. Liberté 55, ca t'dis-tu d'quoi? Dis toé une chose, c'tun ramassis d'niaiseries.. Ma faire ça jusqu'à temps que j'crève. Ma me geler le cul icitte chaque esti de nuite à passer le journal de Montréal jusqu'à temps que j'crève. Osti que j'técoeuré. J'ai frette jusque dins os, tsé. Quand ça t'pogne, y'a rien à faire.

- Wouaille. Entouca moé j'tadmire en maudit. Pis j'dis pas ça pour te faire plaisir. T'es faite fort en maudit. Câââââlisse que c'est tuff depuis une semaine, et tabarnac que c'est tuff. Oyoyoyoye fait frette une affaire terrible..

Le plus impressionné des deux continue de se parler tout seul, alors que l'autre quitte le café et s'apprête à commencer sa run. Il s'agit de faire du piquet au coin de Papineau et Mont-Royal en attendant que le froid lui atteigne les orteils.

« Si j'avais 20 ans, ce serait plus simple tsé. J'aurais l'temps d'me réenligner. Sauf que là... »

Jusqu'à ce jour, aucun discours n'aura été plus révélateur pour moi de l'urgence imminente de saisir mes vingt et une années.
Mais je ne connais pas encore assez clairement ce que je suis, moi qui suis certain que je suis; de sorte que désormais il faut que je prenne soigneusement garde de ne prendre pas imprudemment quelque autre chose pour moi, et ainsi de ne me point méprendre dans cette connaissance, que je soutient être plus certaine et moins évidente que toutes celles que j'ai eues au paravant.
Exister.

Par quoi et pour quoi?

Vivre.

Aujourd'hui; demain viendra plus tard.

Te sentir.

Plus qu'hier, moins que demain. J'ose esperer.

J'ignore tout de nous- c'est affolant.

mardi 1 décembre 2009

21 ans, et pourtant...

- Ma mère qui quitte mon nouvel appartement encore inconnu, me laissant avec les chats, la non-présence du coloc et ma conscience, les boîtes qui ne sont pas encore défaites et quelques traineries à utilité encore inconnue tapissant le plancher.

- Mon père, qui vient me rendre visite quelques minutes alors que je suis clouée au lit par une (A)H1N1, mais qui s'en va beaucoup trop vite, ayant peur d'être affligé de la terrible maladie lui aussi. Me fuyant, un peu. M'aimant beaucoup tout de même.

- Mon grand frère, bien souvent que de passage à l'appartement. Le temps d'aider un peu, et de repartir vers sa vie. Son âme est profonde; je dirais même sans fond. Le vide qu'il laisse derrière lui lorsqu'il part est énorme.

- L'ex, une fois de plus, au matin d'un premier Janvier glacial, qui venait me faire ses adieux tout en pleures, pour des raisons obscures.

- G., le p'tit loup aux yeux verts, qui est toujours parti plus longtemps qu'il n'est présent. Et lorsqu'il est là, ce n'est que pour quelques minutes qui passent cent fois trop vite.

- Mon père, qui quitte furtivement notre maison des laurentides un samedi soir après le souper. Un souper avorté par l'amertume.L'amertume père-fille.

Plusieurs situations, mais pourtant, réside un seul sentiment qui ne change pas.

Comme, perdue dans un grand magasin. À 5 ans. Et que maman n'apparait nullepart. Qu'il fait trop chaud dans le manteau d'hiver et sous la tuque, et que notre coeur se met à battre la chamade, en panique. Parce qu'on ne sait pas si maman va réapparaître, quand elle va réapparaître.

Un sentiment qui revient à tout coup, digne des premières années de la vie. probablement les plus lointaines. Vous savez, je parle des années qui meublent notre existance jusquà la fin de notre vie, où tout se créé et tout s'enracine. Celles que l'on ne peut pas se permettre de rater... ou de ternir.

21 ans à mes heures, plutôt 5 ou 6 à d'autres.

vendredi 20 novembre 2009

Main Street (2)

La St-Laurent, vendredi soir.

Une autre de ces soirées inutiles que je passe à coté de moi-même. Las, des minutes qui passent, cherchant mon sourire.

Même le flirt a perdu de sa saveur; je n'ai envie d'absolument rien d'autre que de m'assoupir. Je les regarde tous-un peu de haut- comme si moi, moi je connaissais l'impertinence de ces soirées alcoolisées où tout mène à rien. Comme si moi, je connaissais mieux que les autres la vacuité des choses.

Je les regarde tous, ils sont gris, ils sont fades, ininteressants à mes yeux. Je n'ai pas envie de me frotter à eux, de m'y coller, pas envie que mes bras nus soient frôlés par ces corps inconnus alors qu'on s'enflâmme sur la piste de danse. Et si ça devait arriver, une colère noire pourrait s'emparer de moi. Seulement parce qu'ils percent ma bulle- la seule chose que j'arrive encore à contrôler- seulement parce qu'ils existent encore et trop longtemps dans leur impertinence.

Prise dans une masse gluante de gens malodorants, de mal vêtus, de mal foutus, qui renversent leur bière cheap partout parce qu'ils ne connaissent pas le respect d'autrui. Parce qu'ils n'ont pas appris les bonnes manières et que leur nombril leur semble être le centre de l'univers.

Leur nombril caché en dessous de leur style vestimentaire merdique et beaucoup trop provocateur qui ne fait que mousser leur culte du moi- qui ne fait qu'entretenir leur entousiasme profonde à l'égard d'eux-même- de leur sexappeal- de leur charisme d'alcoolique et de leur potentiel de drague qui n'aura connu jusque là aucun égal.

Le barman- toujours soigné et disposé à charmer.
Les gars- se contentent d'être des ombres sur les murs, des formes non-distinctes logés dans les recoins qui mattent la marchandise, certains sur d'eux-même, d'autres angoissés à l'idée d'aborder une demoiselle et ainsi se prouver qu'ils sont digne d'intérêt.
Les filles- envoutantes, un peu chiennes, convaincues qu'en se déhanchant sur la scène, elles représentent à elles-seules le summum de la sensualité et un objet de désir de choix.
La fille du vestiaire- prise dans ses 2 mètres carré toute la soirée à manipuler des manteaux et des sacoches. Elle pourrait nous faire les poches à tous. Par divertissement.

Triste à souhait.

Où sont passés les beaux jours, alors que les vendredis soirs étaient ponctués de ton souffle lent dans moncou, où ton sourire mellés aux bleu de tes yeux m'emplissais l'abdomen d'un feu ardent. Loin de la Main, sans même la conscience qu'elle existait quelque part. Labas, le chaos. Ici, la paix.

Rien à voir avec la froideur des jours actuels; c'est l'ère de glace.

J'escamotte la fin de ce billet, par lassitude, je n'ai plus envie d'y songer. Pardon, l'intello.

mardi 10 novembre 2009

Une cession de bail, un déménagement.
Pour le mieux.

Le stress en est aliénant. De L'excitation, mais aussi un peu de nostalgie mellée à tout ça. Et la tête pleine, qui veut exploser.

Les chats flânent paisiblement, d'une pièce à l'autre. L'un dors au soleil, l'autre erre le long des fenêtres. Eux, sans préoccupation aucune, moi- l'esprit qui tourne et qui tourne à cent mile à l'heure.

Deux monde disctincts.

La béatitude féline, la tension - absolument trop prenant- humaine.

Un 10 novembre tout en chaleur.

lundi 2 novembre 2009

C'est toi mon moteur; celui qui me propulse vers l'avant.
C'est toi qui m'inspire, qui me donne envie de me dépasser.
Qui m'aide de plus en plus à forger ma conscience et à nuancer ma pensée.
Qui m'aide à calmer mon feu intérieur seulement par ta quiétude.
Et parce que ta bienfaisance émane de toi.
Tu es complet- rares sont ceux qui le sont.
J'en ai mal au ventre en y pensant; ouch vraiment.
Tu m'as eu à l'usure, juste à force d'être là avec tes p'tits yeux verts.

Tu ne lis pas mes blogs, ça me convient amplement.